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  • La peur a des ailes

    Il n'y a encore pas si longtemps, je prenais l'avion sans problème. Désormais, chaque fois que je dois prendre l'avion, je ne pense plus qu'à tout ce qui pourrait déconner durant le vol. L'étape de l'atterrissage, en particulier, est une épreuve douloureuse. A tel point que j'en suis venu à prendre du Temesta avant d'embarquer, le tout arrosé d'un peu d'alcoool pour noyer cette obsession. Mais je commence à sentir les limites de cette solution. Il me faut chaque fois plus de Temesta et plus d'alcool pour tenir le coup. Avec le recul, je ne comprends pas comment j'en suis arrivé là. C'est arrivé sans prévenir, au fil des vols que je dois prendre pour le travail. Au début, ça s'est résumé à une vague inquiétude. Puis j'ai commencé à être préoccupé par chaque secousse, chaque problème rencontré. Aujourd'hui, je passe le plus clair de mon temps à dévisager les membres de l'équipage pour être certain qu'ils ne cachent pas un problème aux passagers. Evidemment, je sais bien que ce comportement n'est pas vraiment raisonnable. Pourtant, les arguments rationnels n'y changent rien. Quand un ami me serine que c'est le moyen de transport le plus sûr du monde, j'ai seulement envie d'enfoncer mon poing dans sa tête en lui récitant la liste de tous les accidents aériens qui ont eu lieu ces derniers mois ! Car même si une telle affirmation était vraie (ce qui reste à démontrer), il n'en resterait pas moins que la différence entre l'avion et la voiture demeure de taille : dans un accident au sol, vous avez des chances de vous en sortir indemne ; à bord d'un avion, vos chances de survie sont infinitésimales ! Un accident aérien ne laisse en général pas le moindre survivant. Mais malgré tout, j'ai décidé de réagir contre cette phobie. Si je ne parviens plus à prendre l'avion, je perdrai sans doute mon emploi, et ça, c'est hors de question. Il est vraiment temps que je me libère de cette peur. J'ai découvert un site dédié à la peur en avion et projette même d'effectuer un de ces fameux stages censés guérir de cette phobie. En savoir plus en suivant le lien sur le site du spécialiste réputé de ce pilotage en avion à Nantes.

  • Quel budget militaire ?

    Conformément à l’objectif fixé par l’Otan à ses membres, le président de la République s’est engagé à porter le budget des Armées à 2,0 % du PIB. Le projet de loi de programmation militaire qui vient d’être déposé au Parlement semble respecter cet engagement puisque, selon son exposé des motifs, “hors pensions, les crédits budgétaires de la mission Défense s’élèveront à 35,9 Mds€ en 2019, soit un effort de défense représentant 1,84 % du PIB, avant d’atteindre 44,0 Mds€ en 2023, soit 1,91 % du PIB”. Si la programmation financière s’arrête en 2023, il a été également annoncé que ces crédits seraient encore majorés de 3 Mds€ en 2024 puis en 2025, pour atteindre 50 Mds€ en 2025, ce qui permettrait de dépasser l’objectif de 2,0 % du PIB. Cependant, les prévisions de croissance de la loi de programmation des finances publiques conduisent à un PIB de 2 771 Mds€ en 2023 et des crédits de 44 Mds€ en 2023 ne représentent donc que 1,6 % du PIB de 2023, loin de l’objectif de 2,0 %. Si on prolonge ces prévisions de croissance au même rythme jusqu’à 2025, le budget de 50 Mds€ annoncé pour 2025 ne représenterait que 1,7 % du PIB de 2025. En fait, l’Otan intègre les pensions, de l’ordre de 0,3 à 0,4 % du PIB en France, dans les crédits militaires et, pour cette organisation, les crédits militaires de la France représentent déjà 1,8 % de son PIB en 2017. Dans un rapport publié l’an dernier, la Cour des comptes observait même que la France pouvait ajouter certaines dépenses au montant déclaré à l’Otan, comme les dépenses consacrées par la gendarmerie à ses missions militaires, et que cela lui permettrait déjà de respecter l’objectif de 2,0 % du PIB. Se donner comme objectif de porter les crédits militaires au sens de l’Otan à 2,0 % du PIB en 2025 n’a donc guère de sens, puisque cet objectif peut être considéré comme déjà atteint et qu’il suffirait désormais de faire croître les crédits comme le PIB. Ce n’est probablement pas ce que souhaitaient les Armées, dont l’objectif était plus vraisemblablement de porter à 2,0 % du PIB les crédits hors pensions (32,4 Mds€, soit 1,4 % du PIB en 2017), les seuls qui soient vraiment utiles pour assurer la défense aujourd’hui. “Se donner comme objectif de porter les crédits militaires au sens de l’Otan à 2,0 % du PIB en 2025 n’a donc guère de sens, puisque cet objectif peut être considéré comme déjà atteint. Ce n’est probablement pas ce que souhaitaient les Armées, dont l’objectif était plus vraisemblablement de porter à 2,0 % du PIB les crédits hors pensions les seuls qui soient vraiment utiles pour assurer la défense aujourd’hui” Cet objectif ne sera pas atteint, contrairement à ce que laissent croire l’exposé des motifs du projet de loi de programmation militaire et tous les documents publiés lors de sa présentation, en entretenant une confusion gravement trompeuse entre des crédits en milliards d’euros qui excluent les pensions (44,0 Mds€ en 2023) et un “effort de défense” en pourcentage du PIB qui les inclut (1,91 %). C’est une bonne nouvelle pour les finances publiques, et il n’est peut-être pas nécessaire de porter les crédits militaires hors pensions à 2,0 % du PIB, mais la Défense nationale est beaucoup trop importante pour faire l’objet d’une telle prestidigitation budgétaire.